Profils atypiques

Depuis 2007, Karine Montes de Oca conduit des initiatives bénévoles à titre privé auprès d’adultes à surefficience mentale en quête d'eux-mêmes (blog, écoute, partages d'expérience, conseil et accompagnement individuel).
Elle a ainsi capitalisé une réelle connaissance de ce public sensible et atypique qui lui permet de les accompagner avec empathie et efficience.

Un peu de terminologie

 

Personnes à surefficience mentale (terme utilisé par l'association GAPPESM), neuro-droitiers, adultes à "Haut Potentiel" (ou HP), HQI ou THQI (Haut ou Très Haut Quotient Intellectuel), High gifted en anglais, ou bien encore « Zèbres » (selon la terminologie utilisée par Jeanne Saud-Facchin)....

 

Les mots ne manquent pas pour qualifier ce que la science peine encore à définir clairement et donc que les professionnels de la santé, de l’éducation ou de l’accompagnement détectent encore très difficilement et de manière aléatoire.

La plupart de ces mots ne vous disent probablement pas grand-chose et pourtant !

Nous avons tous entendu parler des « surdoués » et tout le monde a ses idées sur la question.

« Surdoué », c’est la seule terminologie jusqu’ici communément admise par les spécialistes, pourtant c’est aussi le mot qui fait le plus de tort à ces profils atypiques, presque toujours en dehors des normes neuro-physiologiques et sociales. Beaucoup d’images d’Epinal qui ont le cuir dur et qui faussent la donne et donc la relation à autrui.

 

L'enfance

 

Pour les enfants, on parle encore à tort d'enfants précoces ou de EIP (enfant intellectuellement précoce). Mais une fois adulte, que deviennent-ils ? Perdent-ils leur avance ? Leur sensibilité exacerbée s'estompent-elle comme par magie ?

 

A l'heure actuelle, des structures et des associations de soutien et d'accompagnement existent pour les enfants, bien qu'insuffisantes encore selon les parents qui se sentent souvent démunis.

Il faut reconnaître qu'il y a une réalité connue et reconnue de cette problématique et que les politiques publiques commencent à s'y intéresser et à se positionner : des experts et des professionnels (en général de la santé ou de l'éducation) mettent en place des dispositifs de détection et de soutien.

 

J'ai malgré tout envie de dire que malheureusement, pour ce jeune public, on circonscrit souvent le champ de leur différence à des "difficultés d'apprentissage", voire à une lecture très psychologisante de leur typicité puisque lorsque ces enfants sont accompagnés c'est souvent parce que l'on a identifié chez eux des "troubles du comportements" de type "DYS" (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, syndrome d'asperger, allant jusqu'aux troubles autistiques).

 

Tout cela pour dire que ce n'est pas encore une approche très valorisante de leur différence. Leur famille et eux-mêmes la vivent d'ailleurs, durant l'enfance et l'adolescence, plutôt comme un handicap.  Cela est souvent générateur d'incompréhension et d'une souffrance réelle, dont il est difficile de décrire la portée chez ses êtres hautement sensibles.

 

En résumé,

  • Coller une étiquette TDAH ou DYS à un enfant, c'est certes nommer pour aider, pour accompagner ses difficultés, mais c'est aussi malheureusement stigmatiser et, par trop, réduire cet enfant en plein développement.

  • L'expression d' "enfants précoces" les amène à croire qu'ils deviendront un jour des êtres comme tous les autres, dans une norme, ce qui restent à démontrer.

  • Quant au terme de "surdoué" posé lors d'un diagnostic suite à une évaluation du QI, ce n'est pas forcément plus bénéfique car, sans accompagnement notamment de l'entourage, cela revient quelque peu à condamner l'enfant à une vie de défi et de compétition, sous peine de décevoir ou d'être regardé comme un affabulateur si l'on ne prouve pas quotidiennement que l'on mérite ce "titre".

 

L'âge adulte

 

Comment ces enfants et adolescents qui ont grandi (diagnostiqués ou non) se sont-ils construits ? Où en sont-ils ? Quel a été leur parcours ? Leur précocité et leur difficultés se sont-elles gommées avec l'âge ? Ont-ils pris conscience à un moment de leur vie que leur "anormalité" (en dehors de la norme) était en fait une qualité, leur avantage, ce qui faisaient d'eux des êtres dotés de talents autres que ceux des êtres dits "normaux" ? Sont-ils devenus des êtres résilients et heureux ? Ou bien n'ont-ils jamais pris conscience de leur potentialités et se sont-ils "assis" définitivement dessus, les voyant comme des faiblesses, des tares, et pensant qu'il valait mieux les gommer ou s'en accommoder tant bien que mal ?...

 

Ces adultes, ce sont ceux qui n'ont jamais été diagnostiqués. J'en ai rencontré beaucoup.

Que d'émotions que de se rendre compte, à l'âge de 25, 30 ou 40 ans, ou bien plus tard encore, que l'on est "à haut potentiel" alors que toute sa vie on s'est perçu comme un "être à problème", que l'on s'est cru un type "trop ceci" ou "trop cela", que l'entourage a passé son temps à nous rabâcher : "tu te prends trop la tête, tu es trop compliqué" sous-entendu "tu n'es bon qu'à gaspiller ton temps en réflexions inutiles", ou bien plus dramatiquement que l'on a enchaîné les échecs alors qu'on est bourré d'envies, de passions et de créativité...

 

Tout cela, je l'ai entendu pratiquement lors de toutes mes consultations. Ce sont des témoignages de personnes qui la plupart se sont découvertes cette différence au détour de lectures, ou au détour d'un diagnostic de leur enfant "précoce" ou "hyperactif" ou en "échec scolaire".

 

A l'âge adulte, la prise de conscience est un réel choc. Si pour certains nous pouvons parler d'une confirmation, donc quelque chose de positif dans leur vie, cela reste néanmoins un séisme de magnitude élevée .

Et là, que faire ? C'est un nouveau point de départ, mais la question est souvent, vers quoi ?

Quid de l'accompagnement des individus en France ?

Les approches actuellement proposées, pour les enfants comme pour les adultes, s'apparentent plus à un traitement symptomatique qu'à un accompagnement de l'individu et de ses préoccupations.

 

Or, de ce que j'en perçois, en comprends et en ressens à travers mon expérience d'accompagnement, et de ce que j'ai pu constater à travers le témoignage de centaines de personnes (via une étude que j'ai mené en 2012), il en ressort majoritairement un besoin d'écoute sincère et non institutionnelle. Il existe une forte attente d'accompagnement, certes dans une réflexion introspective mais également dans un mouvement, actif et surtout proactif, de construction, de mobilisation de ces ressources fraîchement conscientisées, hors de toute approche réductrice et psychologisante.

 

Mon approche

 

Elle est essentiellement basée sur l'écoute. C'est un temps et un espace où je cherche d'abord à vous connaître, vous entendre, à comprendre vos propres questionnements et attentes.
En partant des problèmes évoqués, je vous propose d'avancer vers une formulation en problématiques

Puis, à partir de la problématisation posée, nous pouvons commencer le travail de recherche de solution en co-construction, dans les valeurs et l'éthique qui sont les miennes.

 

Les accompagnements que je propose se déroulent par téléphone ou en visioconférence (Skype), selon les préférences et les capacités de chacun.

A bientôt,

Karine Montes de Oca

Pour les personnes résidant en région ou à l'étranger, un accompagnement à distance est possible. Contactez-moi pour toute question .